Réponse 1
Charles Fourier est un fils de drapier né à Besançon
en 1772. Dès la révolution de 1789, il fait preuve d'étonnantes
ambitions pour l'humanité. Il veut changer la société.
Il expose ses projets en 1796 aux membres du Directoire qui se moquent de lui.
Contraint de travailler dans le commerce, lorsqu'il a du temps libre, Charles
Fourier poursuit néanmoins sa marotte de la recherche d'une société
idéale qu'il décrira dans les moindres détails dans plusieurs
livres, dont Le Nouveau Monde industriel et sociétaire.
Selon cet utopiste, les hommes devraient vivre en petites communautés
de mille six cents à mille huit cents membres. La communauté,
qu'il nomme « phalange », remplace la famille. Sans famille,
plus de rapports parentaux, plus de rapports d'autorité. Le gouvernement
est restreint au plus strict minimum. Les décisions importantes se prennent
en commun, au jour le jour, sur la place centrale.
Chaque phalange est logée dans une maison-cité que Fourier appelle
le « phalanstère ». Il décrit très
précisément son phalanstère idéal : un château
de trois à cinq étages. Au premier niveau, des rues rafraîchies
en été par des jets d'eau, chauffées en hiver par de grandes
cheminées. Au centre se trouve une Tour d'ordre où sont installés
l'observatoire, le carillon, le télégraphe Chappe, le veilleur
de nuit.
Charles Fourier pense qu'après des siècles
d'harmonie, chaque phalanstérien sera, à l'exemple des Solariens,
habitants du « globe solaire », pourvu d'un nouveau membre,
l'archibras : « Ce
bras d'harmonie est une véritable queue d'une immense longueur, à
144 vertèbres partant du coccyx. Elle se relève et s'appuie sur
l'épaule… »
Des disciples de Fourier construiront des phalanstères jusqu'en Argentine,
au Brésil, au Mexique et aux États-Unis.
En France, en 1859, André Godin, l'inventeur des poêles de chauffage,
crée une communauté qui s'en inspire. Mille deux cents personnes
vivent ensemble, fabriquent des poêles et se partagent les profits. Mais
le système ne se maintiendra que grâce à l'autorité
paternaliste de la famille Godin.