Réponse 2
À
la fin de la seconde guerre mondiale, un médecin néerlandais rescapé
des camps de concentration, Franz Veldman, estima que si le monde allait mal,
c'était parce que les enfants n'étaient pas suffisamment aimés
assez tôt.
Ce scientifique remarqua que les pères, essentiellement préoccupés
par leur travail ou la guerre, ne s'occupaient que rarement de leur progéniture
avant l'adolescence. Veldman
chercha alors un moyen de faire participer le père au plus vite, dès
la grossesse de l'épouse.
Comment ? Par un contact des mains sur le ventre de la mère (en grec,
haptein : le toucher, et nomos, la loi, donc, littéralement,
la « loi du toucher »). Rien qu'en caressant
d'une certaine manière le ventre de la mère, le père peut
signaler son existence à l'enfant et nouer un premier lien avec lui.
À la surprise générale, on constata que, bien souvent,
le ftus savait reconnaître, entre plusieurs contacts, précisément
celui de la main de son père. Et il est même capable de s'y nicher.
Les pères les plus doués parviennent à lui faire faire
des pirouettes d'une main à l'autre. Cette technique s'est diffusée
dès 1980.
Actuellement, l'haptonomie donne lieu à des débats : est-il opportun
de déranger le ftus alors qu'il est en train de se construire ?
L'haptonomie, en aménageant au plus tôt le triangle « mère,
père, enfant », a en tout cas le mérite de responsabiliser
un peu plus le père. En outre, la mère se sent moins seule dans
sa grossesse. Elle partage ainsi son expérience avec le père.
Jadis, dans la Rome antique, on entourait les mères enceintes de « commères »
(littéralement, commater : « qui accompagne
la mère »). Après tout, la personne la plus à
même d'accompagner la mère dans son attente reste quand même
le père.